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L’engagement de S.M. le roi pour la promotion féminine

Dès son accession au Trône, S.M. Mohammed VI avait fixé le cap dans son premier discours du 30 juillet 1999: “Comment espérer atteindre le progrès et la prospérité alors que les femmes, qui constituent la moitié de la société, voient leurs intérêts bafoués?” C’est là, assurément, une vision de règne qui s’affirme déjà. Il restait à la traduire en termes opératoires. C’est une grande problématique sociale, culturelle aussi, sociétale même. Par quoi commencer?

L’occurrence va se présenter dans les mois qui suivent, en mars 2000, avec le débat de fond sur le Plan d’intégration de la femme, présenté alors par le gouvernement d’alternance. La discorde est totale, frontale même, entre les islamistes et les progressistes. Le Roi prend position et pèse de tout son poids pour des mesures novatrices telles que la restriction de la polygamie ou la responsabilité partagée entre les époux. Il prolongera cette approche, en 2003, avec un nouveau train de réformes inspirées fortement par l’ijtihad et les standards d’éligibilité au corpus des principes universels des droits de l’Homme (parité, approche genre…).

Le nouveau Code de la Famille a été ainsi appliqué en 2004. Il a permis d’accorder à la femme marocaine un meilleur statut social; il a consolidé aussi la notion de “famille”, associée également à la protection des mineurs. Il a consacré le principe de l’égalité entre la femme et l’homme pour ce qui est de la responsabilité familiale, celui des droits et des devoirs des deux époux, sans oublier la préservation des droits de l’enfant. Ce code a inséré des dispositions conformes aux conventions internationales ratifiées par le Maroc. Telle a été depuis plus d’une quinzaine d’années la longue marche pour que la femme occupe toute sa place dans l’édification d’une société démocratique et moderne. Une mention tout à fait particulière doit être faite, bien entendu, à la Constitution de 2011.

Ce qui a prévalu, c’était la plénitude des droits de la femme dans la participation à la vie politique. Des principes ont été ainsi posés, des mécanismes et des instances ont été précisés; il fallait en effet donner de l’effectivité au principe de parité. Au-delà de la seule exigence de la promotion de la condition féminine, c’est toute une conception de la citoyenneté qui était en cause. Il s’agit là d’un principe de parité dans toute sa dimension: celle de l’égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental.

Legs de l’identité marocaine

Pour le Souverain, Amir Al Mouminine, c’est un vaste chantier de plus grande vivification d’un principe et d’un legs de l’identité marocaine et des enseignements bien compris de l’Islam. La religion n’autorise ni les discriminations ni les inégalités à raison du sexe. Le volontarisme royal, soutenu par des pans entiers de la population, reste cependant décalé par rapport à la société.

Des vagues successives de nomination de femmes à des postes clés se sont succédé dans l’appareil d’État (walis, ambassadeurs, juges, police…). Mais, comme l’a relevé un rapport du Conseil économique et social (CESE), le taux de féminisation de l’administration ne dépasse point les 38%. Qu’en est-il du taux d’activité des femmes marocaines? Il a baissé de trois points avec 25, contre 28% en 2000. C’est que le travail rémunéré des femmes peine à s’affirmer socialement en ce sens qu’il n’est considéré que d’une manière ambivalente, comme complément de revenus insuffisants du mari.

Pour ce qui est de la représentation politique, là encore, il reste encore beaucoup à faire malgré des progrès. Au Parlement aujourd’hui, seuls 21% des sièges reviennent aux femmes, contre 17% en 2011; aux conseils communaux de septembre 2015, les femmes élues représentent 21%, avec 6.673 membres; dans les conseils régionaux, ce taux est plus élevé avec 38% -dans ces deux scrutins, un quota a permis d’enregistrer de tels chiffres.

Dans la conception royale, c’est un droit d’accès égal malgré les “résistances” et ce que l’on appelle aussi le “plafond de verre” qu’il faut conforter et consolider dans tous les domaines (éducation, santé, …). Cela n’est ni un danger ni un risque de réduction de la place et du rôle des hommes dans la vie sociale. Bien au contraire, c’est un facteur nécessaire au développement.

Cohésion sociale

De quoi libérer des énergies et valoriser des potentialités appelées à être pleinement inclusives en lieu et place d’une minoration subie. De quoi aussi pousser à davantage de cohésion sociale et stimuler un levier d’action contre les inégalités. Les discriminations à l’égard des femmes reproduisent, suivant des modalités diverses, des inégalités qui se perpétuent dans les familles et les générations. Elles nourrissent la précarité et, partant, cumulent les handicaps (activités économiques peu ou non rémunérées, vulnérabilité, difficulté d’accès à la justice et au droit…) L’insertion professionnelle aide à l’indépendance économique.

Dans cette perspective, l’action impulsée et soutenue par le Roi vise à aider les femmes à développer une activité génératrice de revenus. C’est là une vision d’économie solidaire. Elle veut conjuguer développement humain et promotion des produits du terroir, elle soutient l’accès aux coopératives, encourage l’agriculture bio, l’artisanat. Un grand programme de développement rural tourné vers un principe inclusif: éduquer la femme, lui permettre d’avoir un métier et la responsabiliser davantage dans le progrès social. Toute la stratégie de l’INDH, depuis une dizaine d’années, est ainsi tournée vers la réduction des impacts de la pauvreté sur les femmes, en particulier dans le monde rural et péri-urbain.

Lutte contre les stéréotypes

L’équation et le défi sont doubles: le développement économique et social couplé au respect des droits fondamentaux de la personne humaine. Le principe d’égalité entre les sexes est bien consacré par l’article 19 de la Constitution de 2011. Il reste à l’État à faire montre de sa capacité à faire respecter l’autorité de la loi. C’est qu’en effet un cadre législatif seul ne suffit pas. Malgré les progrès enregistrés depuis une bonne dizaine d’années, c’est la garantie de l’effectivité de la loi qui reste encore à l’ordre du jour. A ce jour, le Maroc est signataire de 8 des 9 instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme. Il reste d’autres champs à investir: la lutte contre les stéréotypes, les préjugés, et tout ce qui est dégradant ou humiliant en termes d’image, d’incivilité ou encore dans les multiples aspects de la vie sociale.

Tout un échafaudage institutionnel et politique est ainsi à mettre sur pied: loi contre les violences, protection de la dignité, approche genre dans les politiques publiques. Une forte dose de volontarisme, donc. S.M Mohammed VI a assumé ses responsabilités à marche forcée même, c’est aux autres acteurs d’oeuvrer à “faire bouger les lignes” en accélérant le rythme des réformes et des mesures concrètes qui les déclinent.

Posté Par: Stéphane Morroh 14 mars 2017
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