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Des ONG dénoncent «l’acharnement» contre les journalistes

Journée mondiale de la liberté de la presse : Des ONG dénoncent «l’acharnement» contre les journalistes

En commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’AMDH et Freedom Now dénoncent «le règne de la pensée unique et l’acharnement judiciaire contre des journalistes», suite à la récente publication par Reporters sans frontières (RSF) d’un rapport accablant sur la situation de la liberté de la presse au Maroc.
Alors que le monde célèbre ce mercredi 3 mai la Journée mondiale de la liberté de la presse, les associations des droits de l’homme dénoncent au Maroc «le règne de la pensée unique et l’acharnement judiciaire contre des journalistes». A l’occasion de cette célébration, le bureau exécutif de Freedom Now, qui s’était vu opposer le refus de dépôt de dossier de reconnaissance de l’association par la Wilaya de Rabat, tire la sonnette d’alarme sur la situation de la liberté de la presse dans le royaume. «A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2017 (…) Freedom Now, comité de protection de la liberté de presse et d’expression au Maroc, dénonce le règne de la pensée unique au détriment du pluralisme des idées», indique l’ONG dans un communiqué.
Cette dernière évoque «une situation marquée par un nouveau Code de la presse, dont les dispositions privatives de liberté à l’égard des journalistes ont été transférées dans le projet de loi du Code pénal». L’occasion de rappeler également que le projet de loi relatif au droit d’accès à l’information, un «texte non conforme aux normes internationales en la matière, est de surcroît jugé dangereux par les ONG internationales de défense des droits de l’homme».
L’association, dont le bureau exécutif est composé de journalistes et militants pour les droits de l’homme, à l’instar d’Ali Anouzla, Khadija Riyadi ou encore Maâti Monjib, évoque aussi «l’acharnement judiciaire contre des journalistes via des procès fabriqués», dont «le seul but est de faire taire toute pensée critique».
«Cette politique répressive à plusieurs facettes vise également à maintenir le contrôle du marché publicitaire pour continuer à étouffer financièrement des médias. Parmi les dernières victimes, l’hebdomadaire Attajdid qui a arrêté de paraître.»
Plus loin, Freedom Now dénonce le monopole de l’Etat sur les organes de l’audiovisuel public, qu’elle qualifie d’«instrument de propagande, visant principalement à mépriser l’intelligence du peuple marocain».
Revoir les textes fondamentaux relatifs à la presse au Maroc
Même son de cloche auprès de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH). Dans un communiqué publié ce mercredi, l’ONG dirigée par Ahmed El Hayej évoque une situation marquée par une «faiblesse en matière de garanties constitutionnelles et juridiques permettant de protéger la liberté de la presse et le droit d’accès à l’information». Elle fait aussi état de «la poursuite des violations de la liberté de la presse», citant notamment les arrestations, les procès inéquitables, les tentatives de mettre des bâtons dans les roues de certains journaux nationaux et la censure des médias étrangers.
«L’association a suivi plusieurs cas d’agressions physiques contre des journalistes dans l’exercice de leur devoir professionnel, alors que les autorités continuent de contrôler le domaine de la presse à travers des dossiers concoctés, des poursuites judiciaires, des amendes lourdes et des restrictions sur les sources de financement et la publicité.»
Tout comme Freedom Now, l’AMDH ne manque pas de pointer du doigt la «tutelle» exercée par l’Etat sur les médias audiovisuels, «financés par les citoyens mais employés aux services de politiques contraires aux concepts et aux principes des droits de l’homme».
L’ONG rappelle la nécessité de revoir trois lois fondamentales : le Code de la presse et de l’édition, le droit d’accès à l’information et la Loi portant création du Conseil national de la presse. Elle insiste aussi sur la nécessité de mettre la presse, et à sa tête le secteur audiovisuel public, au service des valeurs des droits de l’homme, de l’éducation et de la lutte contre la haine, le racisme et la violence.
Pour illustrer la situation réelle de la liberté de la presse au Maroc, les deux associations rappellent le classement de l’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF). Publié mercredi 26 avril, ce classement mondial de la liberté de la presse place le Maroc à la 133e place et évoque une «dégradation lente mais régulière» de la liberté de la presse au cours de l’année 2016. «[Le Maroc] s’est distingué par une grande agressivité envers les journalistes étrangers (cinq expulsions de journalistes européens en 2016), révélatrice d’une tension plus globale du Makhzen marocain envers l’UE notamment», d’après le rapport présenté depuis Tunis.

YASSINE BENARGANE
Journaliste Yabiladi.com

https://www.yabiladi.com

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