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Zhour Le Qouider, présidente de l’Association marocaine des troubles et difficultés d’apprentissage: «Quand nous expliquons aux enfants dyslexiques que leur problème ne vient pas d’un manque d’intelligence ou d’un retard mental, ils sont transformés. Ils peuvent réaliser de belles choses si nous leur en donnons la chance» (Ph. F. Al Nasser)

Association marocaine des troubles et difficultés d’apprentissage (AMTDA): «Je rêve d’une école pour tous»

L’Association marocaine des troubles et difficultés d’apprentissage (AMTDA) a été créée en 2010 par des mamans d’enfants dyslexiques. Elle dispose aujourd’hui de trois centres à Casablanca, opérant dans le dépistage et la prise en charge des enfants atteints. Forte de ses partenariats (Education nationale, INDH, Association des orthophonistes du Maroc, région de Casablanca-Settat, Université internationale de Casablanca, Institut européen des sciences de la santé…), l’ONG souhaite aller encore plus loin. Son rêve, une école qui s’adapte à tous les enfants. Sa présidente, Zhour Le Qouider, nous en parle.

– L’Economiste: De par votre expérience, les enseignants sont-ils au fait des troubles de l’apprentissage?
– Zhour Le Qouider: En fait, ils n’en ont aucune idée. Mais nous essayons de multiplier les actions de sensibilisation. Cette année, pour la première fois, nous avons organisé une formation au sein de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de Casablanca, qui nous a ouvert ses portes. Deux experts de France et d’Egypte y ont intervenu au profit d’enseignants et d’inspecteurs. Nous avons également offert une formation au Centre régional de formation des enseignants. Fort heureusement, des étudiants des Ecoles normales supérieures (ENS) et des doctorants commencent à s’intéresser au sujet et nous sollicitent pour leurs travaux. Le ministère, pour sa part, a reconnu la dyslexie comme handicap, et permet aux élèves de bénéficier d’adaptations pour l’examen. Pour nous, c’est déjà une grande victoire.

– Combien de dépistages avez-vous menés jusqu’à présent?
– La première année, 700. La deuxième nous sommes montés à 3.800 et la troisième à 4.000. Comme nous avons aujourd’hui avec nous l’Association des orthophonistes, nous pourrons augmenter encore plus le nombre de bénéficiaires. Notre souhait est de dépister les élèves de toute une délégation de l’Education nationale, afin de sortir avec des statistiques solides, et valider la nouvelle batterie de tests que les orthophonistes viennent de concevoir.
Jusqu’à présent, nous intervenons dans trois délégations, Anfa, Hay Hassani et Nouaceur. Le taux de prévalence des troubles est important, surtout la dyslexie (entre 12 et 13%). Nous essayons d’assurer la prise en charge et le suivi des enfants détectés.
– L’école publique ignore ces enfants atteints. Qu’en est-il du privé?
– En général, personne ne s’intéresse à eux. Certains sont atteints par des troubles profonds, et cela se transforme en handicap lourd qui pèse sur leur estime de soi. L’an dernier, nous avons réalisé un dépistage auprès d’enfants du programme d’éducation non formelle. Sur les 24 que nous avons dépistés, 20 étaient atteints de dyslexie profonde, et c’est la raison pour laquelle ils avaient quitté l’école. Le fait de les informer et de sensibiliser leurs profs a permis à la majorité de réussir la 6e année du primaire. Ils avaient intégré l’école de la deuxième chance pour obtenir le certificat d’études primaires et s’inscrire ensuite dans une formation professionnelle. Mais après l’opération, la majorité s’est inscrite au collège.
Dans le privé, aussi, il est très rare de trouver un établissement qui les accepte. D’où notre projet d’école.

– Quel sera son modèle?
– Ce sera une école où tout enfant aura sa place. Nous ne comptons pas isoler ceux qui souffrent de troubles de l’apprentissage. Ces derniers seront scolarisés dans des classes normales avec tous les élèves, sauf qu’ils bénéficieront d’adaptations en fonction de leur cas. La spécificité, c’est que la rééducation sera incluse dans le cursus. Ces enfants font souvent plus d’efforts pour être au même niveau que leurs camarades. Ils sont obligés de consacrer leur temps libre à la rééducation. Dans le modèle que nous souhaitons, elle sera intégrée à leur emploi du temps.

– A quel stade en êtes-vous?
– Nous en sommes encore au stade de projet. L’idée est de récupérer une école de l’Education nationale. Si nous réussissons à bénéficier d’enseignants du ministère, la scolarité pourrait être gratuite. Autrement, elle sera payante, car nous ne pourrons pas tout financer. Nous prévoyons d’y intégrer des classes numériques, ainsi que des ateliers d’orthophonie et de psychomotricité.

http://leconomiste.com/

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