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COP23: Manque total de visibilité

Les yeux sont rivés sur les négociations intergouvernementales à la COP23 qui ont été suspendues vendredi dernier, pour reprendre mercredi 15 novembre. Les informations recoupées ici et là à Bonn n’augurent pas de bonnes nouvelles. «Les pays industrialisés font tout pour retarder ou carrément annuler les négociations.
Ils ont même menacé de faire marche arrière et de se retirer de l’Accord de Paris», confie à L’Economiste une source proche du cercle des négociateurs. Une information confirmée également par des ONG internationales qui militent sur place pour l’augmentation des participations étatiques et la mise en place de plans climatiques nationaux pour mettre en œuvre l’Accord de Paris.

La principale pomme de discorde est l’évolution de l’engagement annuel d’un montant de 100 milliards de dollars à destination des pays en développement d’ici 2020. Un des travaux encore inachevés dans le cadre de la Convention que la COP23 ambitionne de résoudre, alors que les négociations intergouvernementales s’annoncent corsées. Depuis l’entrée en vigueur de l’amendement de Doha au premier traité international de réduction des émissions, le protocole de Kyoto est également compromis sauf changement de dernière minute.

La «zone Bula» qui abrite les négociations est en ébullition, surtout que près de 20 dirigeants de pays sont attendus dont le Président français Emmanuel Macron et la Chancelière allemande Angela Merkel.
Les experts rencontrés sur place sont unanimes, vu l’état actuel des négociations: il faudra attendre la prochaine COP prévue en Pologne pour trancher sur le «système d’exploitation» de l’Accord de Paris. Par ailleurs, les révisions à la hausse des plans d’action climat nationaux afin de mieux tenir compte de la science lors de la fenêtre 2019-2020, seront également achevées lors de la COP24 en Pologne, signalent les organisateurs.

«La COP24 sera décisive. C’est à nous société civile et ONG d’agir pour pousser les pays réticents à changer de vie car toute la planète est menacée par les effets du changement climatique. L’année 2018 s’annonce cruciale», tient à préciser Safa Al Jayoussi, Chef de la campagne Climat et Energie auprès de l’ONG Indyact.

Plusieurs gouvernements, dont le Maroc qui fait front commun avec les pays d’Afrique, société civile, ONG… sont mobilisés pour atteindre l’objectif principal de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 degrés Celsius et de mener des efforts encore plus soutenus pour limiter cette augmentation à 1,5 degré Celsius.

Selon les organisateurs, une action immédiate et rapide s’impose d’urgence car malgré les promesses et les efforts réalisés jusqu’ici, le monde reste encore sur une trajectoire de hausse moyenne de la température d’au moins 3°C, peut-être même plus.

«Talanoa»

L’Afrique, le continent le moins polluant, de même que les Etats insulaires dont Fidji, pays organisateur de la COP23, subissent de plein fouet les menaces du changement climatique. Une des nouveautés introduites dans les négociations, cette année, le concept de «Talanoa». Originaire des Fidji, ce processus de dialogue inclusif, participatif et transparent installe un sentiment d’empathie et conduit à une prise de décision pour le bien collectif, qu’il s’agira de maintenir en 2018. «L’importance du climat vient du fait que deux tiers des Africains tirent leurs moyens de subsistance de l’agriculture. Il est donc primordial que le continent s’engage résolument dans une voie de développement qui mène vers une économie résiliente face au climat», tient à souligner Nezha El Ouafi, Secrétaire d’Etat chargée du Développement durable. Plusieurs accords de coopération ont été signés entre le Maroc et les pays africains. Une réunion sur l’opérationnalisation de la Commission pour le Bassin du Congo a eu lieu mardi soir donnant naissance à une feuille de route, soit près d’un an après le lancement par le Royaume de cette initiative africaine. «Si le Maroc est convaincu par le principe de la responsabilité commune mais différenciée, il croit aussi au concept de la solidarité.
Les contributions déterminées au niveau national et l’agenda de l’action sont les deux piliers fondamentaux de notre ambition commune qui peuvent répondre aux attentes de nos citoyens dans la lutte contre les changements climatiques», conclut la Ministre.

Par Nadia DREF
http://www.leconomiste.com/

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