L’Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF) a présenté, vendredi dernier à Casablanca, le neuvième rapport annuel de l’Observatoire marocain des violences faites aux femmes «Oyoune Nissaiya» concernant les violences à l’encontre des femmes au Maroc. Ce rapport, qui s’inscrit dans la campagne internationale de la lutte contre les violences à l’égard des femmes qui s’étend du 25 novembre au 10 décembre 2017, a pour objectif d’informer sur l’ampleur des violences et notamment sur l’isolement des femmes démunies qui font face aux violences, en l’absence de moyens et de mesures adéquates et efficaces. Ce document, qui comporte des données statistiques des associations membres de l’Observatoire «Oyoune Nissaiya» actives dans différentes régions du Maroc comme Tanger, Chaouen, Martil, M’dieq, Larache, Al-Hoceïma, Casablanca, Agadir, Béni-Mellal…, révèle que durant l’année 2016, quelque 4.603 femmes ont osé briser le silence et se présenter aux centres d’écoute. Malheureusement parmi elles, six ont été assassinées et une s’est suicidée. «Les 4.603 femmes qui ont porté plainte ont été victimes de 14.724 actes de violence de différents types. Le taux des violences psychologiques, qui n’est pas pris en considération par le projet de loi 13-103, est de 41,01%. Ces violences prennent plusieurs formes telles que les insultes et violences verbales (840 cas), menaces de coups et de torture (983 cas), menaces d’expulsion (206 cas) et menaces de meurtre (200 cas). Le taux de violences physiques est de 34,21%, avec 6 femmes qui ont perdu la vie à cause de ces violences et 246 femmes ont échappé à la mort», indique le rapport. Et d’ajouter que : «622 femmes ont vécu des violences sexuelles. D’après les plaintes des victimes, 148 hommes ont obligé des femmes à des pratiques sexuelles non désirées et sans consentement, 119 hommes ont exercé un viol conjugal, 65 femmes ont été violées et 22 autres ont été harcelées sexuellement. Malheureusement, les projets de loi actuels sous-estiment ce type de violences, à titre d’exemple, le viol conjugal qui n’est pas puni par la loi. Sachant que les violences sexuelles sont très graves et engendrent des violences psychologiques et physiques. Et elles entrainent également une exclusion sociale des femmes».
Le rapport montre également que les actes de violence touchent des femmes de différentes tranches d’âge. «La majorité des femmes victimes de violence est âgée de 18 à 38 ans (64,48%). Néanmoins, celles-ci peuvent être âgées de moins de 18 ans
(155 femmes), ou de plus de 60 ans (37 femmes). En général, ces femmes se trouvent dans des situations précaires et plus que la moitié d’entre elles ne sont pas indépendantes financièrement», souligne l’association dans le rapport qui revient également sur les répercussions des violences sur les femmes et les enfants. Les centres d’écoutes, qui ont enregistré 11.484 effets de violences, affirment que le taux des effets des violences sur la santé psychologique est de 53,05%, avec 970 femmes qui ressentent quotidiennement de l’humiliation, 917 femmes qui vivent avec une peur atroce, 845 femmes qui ont perdu la joie de vivre, 817 femmes qui sont insomniaques, 464 femmes qui sont dépressives, 25 femmes qui pensent au suicide.