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Le printemps rose : un espoir féminin marocain

Le 15 mai dernier, le Maroc a décidé d’élargir la loi sur le droit à l’avortement concernant les cas de viol, d’inceste, ou de malformation du fœtus.

Une avancée marocaine

Auparavant, une femme ne pouvait avorter légalement au Maroc que si le maintien de sa grossesse constituait un danger physique.

Cette législation causait de nombreux torts à la population féminine du pays. En effet, en 2014 on recensait 600 à 800 avortements par jour et ces interventions s’effectuaient clandestinement dans des conditions insalubres et précaires. Celles-ci augmentaient le risque de mortalité pour les femmes, mais également celui d’une condamnation judiciaire à l’égard de tous les protagonistes : les peines vont de un à cinq ans d’emprisonnement pour le médecin, et de deux à six ans de prison pour la patiente. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est donc devenue un fléau sanitaire pour le Maroc, c’est pourquoi il était impératif d’agir.

La réforme de 2015 peut être perçue comme étant une faible avancée, mais il faut la resituer dans l’histoire marocaine. En la matière, le pays « revient de loin » ! Il suffit de prendre l’exemple du bateau médicalisé envoyé par l’association Women on Waves, qui s’était vu refuser l’autorisation de débarquer au port de Smir, en 2012. L’évolution de la loi constitue donc un premier pas vers la réforme de certains préceptes dépassés et disparates du Moudawana (le Code de la famille), à propos de la répudiation, de l’âge du mariage qui sera porté à 18 ans au lieu de 15 ans, du divorce, de la coresponsabilité des conjoints, ou du harcèlement sexuel.

Le Maroc ambitionne de concilier tradition, religion, et modernité, ce qui est une tâche difficile à réaliser , mais il reste l’un des pays les moins ouverts en matière de droits, notamment en ce qui concerne les homosexuels ou la liberté d’opposition.

Il ne reste donc plus qu’à espérer que l’avancée acquise par les marocaines incitera le royaume à émettre plus de législation allant dans le sens des droits de l’Homme et du Citoyen.

Fatoumata Cissé.
www.contrepoints.org

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