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Muhammad Yunus invite les jeunes à prendre leur avenir en main

« Qu’est-ce que vous attendez ? Allez-y, prenez votre avenir en main ».  Ce message qui exhorte à agir dans l’instant présent résume bien l’esprit de l’intervention (a) de Muhammad Yunus, invité le 24 juillet dernier à s’exprimer à la Banque mondiale. Les messages qu’il a délivrés à propos des entreprises sociales et de l’entrepreneuriat ont suscité un certain nombre de questions sur la façon dont on envisage l’éducation, les compétences, l’emploi et les perspectives d’avenir des jeunes dans le monde.

Ce fut l’un de ces moments où le monde entier semble porter son attention sur l’esprit d’entreprise.

Mais venons en d’abord au professeur Yunus, fondateur de la Grameen Bank et pionnier du microcrédit. L’année dernière, la Grameen Bank a consacré 97 % de ses ressources à des financements destinés à des femmes et prêté 1,5 milliard de dollars. Voici un résumé des principaux sujets abordés par Muhammad Yunus :

Nous sommes tous des entrepreneurs.

L’être humain se montre par nature curieux et aime trouver des solutions à des problèmes. C’est là la vraie nature d’un entrepreneur : son ambition réside moins dans le désir de gagner de l’argent que dans celui de résoudre des problèmes. L’esprit humain est occupé par des problèmes et par la recherche de solutions. Comme les entrepreneurs, nous décelons des problèmes, nous réfléchissons à des solutions, nous agissons, nous apprenons, nous échouons et nous faisons une nouvelle tentative.

Tout problème constitue une opportunité pour une entreprise.

Muhammad Yunus crée des entreprises pour résoudre des problèmes. Selon lui, c’est le meilleur moyen de pérenniser l’utilisation de ressources en quantité limitée. Une organisation caritative ne donne de l’argent qu’une fois, et quand il n’y en a plus, c’est fini. Dans une entreprise, l’argent doit être remboursé, il peut être réemployé et fructifier. C’est un cercle vertueux.

Les entreprises sociales jouent un rôle moteur dans la résolution de problèmes.  

Muhammad Yunus qualifie ses entreprises d’entreprises sociales.  Le profit individuel n’en est pas la motivation, et la théorie économique de l’intérêt personnel limite la capacité d’une entreprise à faire quelque chose de bien. Les entreprises sociales ne réalisent pas de profits, mais elles sont pérennes. Trop nombreux sont ceux qui considèrent qu’une entreprise est un support pour la quête égoïste d’argent et non pour la quête désintéressée de solutions. Muhammad Yunus crée des entreprises sociales, telles que Grameen Danone Foods, en partenariat avec Danone(a), pour lutter contre la malnutrition, Haiti Forest (a), une initiative pour la forêt durable en Haïti, ou une école d’infirmières (a). Dans tous ces cas, on attend de ceux qui reçoivent des fonds qu’ils remboursent ce qu’ils doivent, ce qui permet un nouvel investissement et perpétue la croissance.

La croissance est nécessaire pour tous les êtres humains.

Il faudrait former les jeunes non pas pour qu’ils trouvent un emploi, mais pour qu’ils changent le monde.Apprendre à trouver un emploi est une idée obsolète. Nous avons davantage besoin de créateurs d’emplois que de demandeurs d’emplois. L’être humain n’est pas né pour travailler au service d’autrui, et il dispose d’une capacité naturelle à résoudre ses propres problèmes. Son potentiel créatif est illimité. Les jeunes devraient être encouragés à mettre à profit cette créativité pour résoudre les problèmes et changer le monde (au lieu d’apprendre à résoudre des équations du second degré).

Agir.

Pourquoi les jeunes restent-ils sans rien faire ?  Ils sont sans emploi. C’est par choix. Qu’attendent-ils ? Avec un taux de chômage des jeunes qui atteint 40 % en Espagne, pourquoi ne sont-ils pas productifs ?  Pourquoi faudrait-il que quelqu’un leur donne un emploi source de valeur ?  Pour le professeur Yunus, l’avenir est un avenir sans chômage, avec des jeunes qui porteront un regard sur le passé en se demandant pourquoi il y avait des jeunes sans emploi. « Ils étaient malades ? » Pourquoi n’ont-ils pas pris leur avenir en main ?

Investir dans des fonds d’entrepreneuriat social.

Que peut faire la Banque mondiale pour soutenir les jeunes entrepreneurs ? Créer des fonds d’entrepreneuriat social avec ses clients. Apporter des capitaux pour aider les jeunes à commencer de remédier aux problèmes de la planète. Investir dans des idées et dans la créativité.

Comme tout discours provocateur, celui de Muhammad Yunus suscite davantage de questions que de réponses. Comment réviser les programmes d’enseignement afin d’encourager l’entrepreneuriat ? De quels coups de pouce les jeunes ont-ils besoin pour se découvrir une passion ? Peut-on former des entrepreneurs ? Faudrait-il même essayer ? Quelle serait la meilleure question à choix multiple pour mesurer l’esprit d’entreprise ?

La vision de Muhammad Yunus suppose que les jeunes d’aujourd’hui ont les compétences et la motivation requises pour aller de l’avant dans le monde, avec un esprit conquérant. Cela nous ramène aux questions essentielles : quelles sont ces compétences et comment les cultiver ?  Quels sont les coups de pouce et le capital social qui motiveront la jeunesse ?

À mesure que la semaine s’écoulait, des thèmes supplémentaires en lien avec l’entrepreneuriat et l’éducation sont apparus (et avec eux d’autres questions). En voici quelques-uns :

Aux États-Unis, la Maison Blanche et le ministère de l’Éducation travaillent à un projet destiné à soutenir les formations alternatives (a) –– Sachant que 16 000 étudiants devraient obtenir cette année un diplôme à l’issue d’une formation accélérée intensive, les pouvoirs publics souhaitent déterminer les moyens d’accompagner les établissements alternatifs pour qu’ils proposent un enseignement axé sur les compétences, ainsi que des modèles d’apprentissage individualisés. Existe-t-il un modèle non classique pour aider les jeunes à devenir des entrepreneurs et à créer des entreprises sociales ?

Le Sommet mondial de l’entrepreneuriat au Kenya (a). Le président des États-Unis, Barack Obama, s’est exprimé lors de ce sommet, le 25 juillet dernier. Il a rappelé les innovations kenyanes, dont le système de gestion de données Ushahidi (a), le système de paiement sur mobile M-PESA (a) et le service d’information agricole sur mobile Icow (a), et encouragé les jeunes à agir et à démarrer quelque chose. Quel rôle une organisation comme I-Hub (a), un catalyseur de croissance, joue-t-elle en proposant aux jeunes des informations, des formations et du capital social ?

L’étude de la Banque mondiale sur l’éducation et la formation à l’entrepreneuriat.  La même semaine, mes collègues à la Banque mondiale ont diffusé ce rapport (a) sur les résultats de l’évaluation de 230 programmes EET déployés dans le monde.
Ils mettent en évidence des effets positifs sur le développement de l’esprit d’entreprise (évolution des aptitudes sociales et émotionnelles), sur la capacité à entreprendre, sur le statut entrepreneurial et sur les performances entrepreneuriales. Mes collègues ont aussi publié cette belle infographie (a). Peut-on enseigner l’entrepreneuriat ou accompagner les jeunes créateurs d’entreprise ?  Que peuvent inspirer ces constats ?

L’esprit d’innovation.  Pour finir, j’ai lu le billet de blog (a) de Tom Vander Ark sur le développement de l’esprit d’innovation. Apparemment, l’état d’esprit est un thème qui fait fureur depuis quelque temps. En témoigne, par exemple, le livre de Carol Dweck (a) sur ce sujet. Ce billet de blog définit l’esprit d’innovation comme « le fait d’être prêt à créer son propre emploi, d’être curieux, autonome et motivé pour générer de la valeur ajoutée en toute circonstance ».  Comment repenser les systèmes éducatifs de manière à inculquer l’esprit d’innovation ?
Ce dernier billet de blog pourrait nous guider dans nos réflexions sur ces changements à apporter aux systèmes éducatifs pour promouvoir davantage les aptitudes entrepreneuriales et la capacité à résoudre les problèmes. « Ce qui importe, c’est de préférer la curiosité à la certitude, et l’itération à la perfection »

Agissons et commençons à créer notre futur.

Voir également la vidéo : Les conseils du fondateur de la Grameen Bank aux créateurs d’entreprise
Suivez l’équipe chargée de l’éducation au sein du Groupe de la Banque mondiale sur Twitter @wbg_education.
http://blogs.worldbank.org/

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