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Les Femmes Partenaires du Progrès (WPP) Jossour Forum des Femmes Marocaines en partenariat avec Université du Maryland

L’image de la femme à travers le cinéma marocain

 L’association Jossour Forum des Femmes Marocaines (JossourFFM) et le cinéaste Nabil Ayouch œuvrent pour l’amélioration de l’image de la femme dans le cinéma marocain

Dans le cadre du projet « Les femmes partenaires du progrès », pour la promotion du leadership féminin et de l’intégration de l’égalité et de l’approche genre dans les politiques publiques dans la région du Moyen Orient et du Nord de l’Afrique (MENA), l’association Jossour Forum des Femmes Marocaines, en partenariat avec la Chaire Gibran Khalil Gibran à l’Université de Maryland, a organisé, à l’hôtel Le Diwan, à Rabat, une rencontre avec le cinéaste Nabil Ayouch sur « L’image de la femme à travers le cinéma marocain ». Le projet d’une durée de deux ans réunit 30 leaders marocaines afin de mener ensemble des actions pour l’amélioration de la situation de la femme marocaine autour de deux axes prioritaires, à savoir, le principe de l’égalité et la lutte contre la violence à l’égard des femmes au Maroc.

Plusieurs acteurs et actrices de la société civile et de droits humains, des militantes des droits des femmes, des universitaires, des médecins, des jeunes ont pris part au débat, et ce, sous la présidence de Rhizlaine Benachir, vice-présidente de Jossour FFM et coordinatrice du projet WPP, avec la participation de Halima Zine El Abidine, écrivaine et militante pour les droits des femmes ; Maryam Touzani coscénariste et actrice, ainsi que Amina Saibari, poète et critique de cinéma. Une présence massive qui a discuté des perspectives et des possibilités d’actions à mener pour changer l’image de la femme dans le cinéma marocain, une piste à explorer, à travers l’expérience de Nabil Ayouch qui a beaucoup mis en avant la femme marocaine dans ses films ainsi que Maryam Touzani.

Le cinéaste Nabil Ayouch a produit une série de documentaires : 10 femmes dans l’Histoire du Maroc, réalisés par 5 femmes et 5 hommes. Dans son allocution, il a parlé de la régression, en matière de présence des femmes, au niveau du gouvernement, alors que les femmes ont participé à la construction du pays et qu’il faudrait lutter encore plus pour se faire entendre. Il y a certes de grandes avancées et de grands combats mais ce qui compte, ce sont les résultats. Les portefeuilles importants sont pour les hommes alors que, comme vu dans les régions surtout celles éloignées et enclavées, ce sont souvent les femmes qui portent la structure familiale sans aucun retour. « On doit être dans un devoir de vérité, reconnaitre le passé des femmes, faire une évaluation de là où on est, et se dire, en partant de là : que peut-on faire ? Tous les champs du possible seront ouverts. Il y a beaucoup de verrous à défoncer. C’est un choix ».

  1. Ayouch fait des films qui portent les femmes et attise le débat au sein de la société. Pour lui, le cinéma reflète, très en dessous du réel, la situation des femmes sachant que l‘image a un grand pouvoir, elle est pénétrante et interpelle les personnes.

Pour Rhizlaine Benachir, vice-présidente de l’association Jossour Forum des femmes marocaines, l’objectif est d’avoir un débat franc, serein, riche sur l’importance qu’accorde le cinéma marocain au rôle et à l’image de la femme. L’ambition, c’est qu’à l’issue de cette rencontre et suite aux échanges constructifs, répondre aux questions : « Que peut-on réaliser ensemble ? » et « comment se soutenir mutuellement ? ».  La table ronde optimise de rapprocher les actions, le combat multiple cumulé depuis plusieurs années par le mouvement féminin et certains réalisateurs dont Nabil Ayouch qui, très souvent, traite de la femme dans ses films. Le but est de rapprocher ces deux intervenants qui travaillent chacun de son côté et pourtant pour un même objectif.

Si les réformes juridiques et institutionnelles sont importantes, rappelle-t-elle, même obtenues, elles ne changent pas pour autant les mentalités. L’art, en particulier le cinéma, a le pouvoir de secouer l’inertie des mentalités pour qu’elles épousent leur siècle et de combattre les idéologies obscurantistes qui les enchaînent. Le mouvement féminin, de par sa longue histoire de militantisme, ses luttes continues pour les droits des femmes, les interpellations multiples de Nabil Ayouch dans ses réalisations cinématographiques, basées sur la réalité marocaine, pourraient constituer l’une des clés, sinon la clé, pour faire changer les mentalités, casser les tabous et se remettre en question. Une remise en question incontournable et pressante conduirait à une action effective pour améliorer la représentation et la perception de la femme dans la société actuelle. Il y a une vraie bataille à mener, la structuration de notre société toute entière en dépend.

La militante associative des droits des femmes Halima Zine El Abidine a donné quelques exemples de militantes pour les droits des femmes, au fil du temps, dans l’Histoire, que   ce soit, au Maroc ou ailleurs. Elle a insisté sur l’importance du cinéma d’antan, surtout muet, plus éloquent et qui a plus d’influence, de par l’image, sur le changement des mentalités et pour montrer toutes sortes de femmes.

La critique du cinéma, Amina Saibari a parlé de la présence des femmes dans les métiers du cinéma, comme actrices, réalisatrices, monteuses, dans le maquillage, le décor, la lumière, devant la scène ou derrière la caméra. Pour ce qui est de l’influence du cinéma, elle se fait de façon directe ou indirecte, montrant que la femme n’a pas encore pris son dû comme il faut, l’hommage n’ayant pas été rendu à toutes les femmes et qu’il faudrait améliorer encore plus l’image de la femme. En tant que critique du cinéma, elle a également parlé de Nabil Ayouch qui a attisé le débat sociétal entre les conservateurs et les libéraux, à travers ses films, tels que « Much Love » qui raconte une réalité qui existe au Maroc, et aussi de son film Razzia. Elle a également loué le travail de Maryam Touzani qui milite pour les droits des femmes à travers ses écrits : le travail des filles, le droit des filles à être scolarisées….

La journaliste spécialisée dans le cinéma, Maryam Touzani, a parlé de ses écrits, de ses fictions et de son long métrage. Des histoires qui se sont imposées dans sa vie, et qu’elles expriment à travers le cinéma. « J’ai envie de parler de la société d’exemplarité, on n’a pas de modèles de femmes battantes », a-t-elle relevé. Il faudrait mettre encore plus la lumière sur leur combat réel, d’autant plus que le rôle du cinéma, c’est de pouvoir questionner et de créer un débat. Que les lois changent ou pas, il est essentiel, en tant que réalisatrice, de pousser au changement des regards ».

Qui est Nabil Ayouch ?

Après des études de théâtre, Nabil Ayouch devient réalisateur en 1992 avec son premier court-métrage : « Les pierres bleues du désert » avec Jamel Debbouze, et deux autres court-métrages en 1994 et 1996, qui ont été primés dans des festivals internationaux. En 1997, il réalise son premier long-métrage « Mektoub » qui connaît un réel succès au Maroc et sera le premier film à représenter le Maroc à l’Académie des Oscars.  En l’an 2000, c’est la sortie de « Ali Zaoua » qui fait partie des films sélectionnés pour les Oscars de la même année. En 2003, Il réalise un nouveau long métrage « une minute de soleil en moins », censuré au Maroc, et quelques années plus tard « Whatever Lola Wants », « My Land », qui donne la parole aux exilés palestiniens, expulsés de leurs propres villages lors de la création de l’Etat d’Israël en1948.

« Les Chevaux de Dieu » en 2012, inspiré du roman de Mahi Binebine : «  les étoiles de Sidi Moumen » qui traite de la radicalisation religieuse d’un jeune marocain et de son impact sur sa famille a été retenu en sélection officielle au festival  de Cannes et obtenu le Prix François Chalais.

En 2015, Il réalise son septième long-métrage, « Much Loved », sur les prostituées de Marrakech, une réalité dans notre pays. Le film, interdit au Maroc, a suscité des critiques en l’absence de débats. Un film qui a connu un énorme succès à l’extérieur du Maroc.

En 2017, Il co-écrit avec Maryam Touzani le film Razzia. Le film est réalisé par Nabil Ayouch dans lequel Maryam Touzani est pour la première fois actrice interprétant Salima, l’un des rôles principaux.

Maryam Touzani : Journaliste spécialisée dans le cinéma, elle devient ensuite scénariste et réalisatrice de courts-métrages et de documentaires. En 2011, son court-métrage « Quand ils dorment », est sa première réalisation cinématographique. Ensuite, elle réalise un documentaire célébrant la première journée de la femme au Maroc, puis son second court-métrage en 2015 « Aya va à la plage » sur le thème de l’exploitation des jeunes enfants comme domestiques.  Ses deux courts métrages ont remporté de nombreux prix à l’international. Actuellement, elle prépare son premier long métrage sur l’histoire d’une rencontre entre deux femmes qu’elle tournera à partir du mois d’octobre.

Amina Saibari est une Chercheuse dans le domaine de la critique d’image et de cinéma, diplômée du centre de formation des inspecteurs à Rabat en 2011. Elle est inspectrice de langue française dans le département secondaire de Tadla Azilal. Titulaire d’une licence de langue et littérature françaises à l’Université du Sultan Moulay Sulaiman en 2008 et d’un Master en Langues, Traduction et Informatique à l’Université Sultan Moulay Sulaiman en 2011

Halima Zine El Abidine est, non seulement, une intellectuelle multidisciplinaire qui introduit dans ses productions la cause féminine au Maroc comme principal thème, aussi Militante des droits des femmes et membre de JossourFFM. Halima est une femme d’exception, engagée, et d’une grande humanité et simplicité. Elle est l’auteure de plusieurs romans dont « Obsession du retour » en 1999, « Citadelles du silence » en 2005, « Sur le mur 2012 », « le Rêve est à moi » en 2013. Elle a aussi signé de nombreuses pièces de théâtre, analyses, critiques, telles que Histoires des : femmes « Hkayt ansa » 2003, , Hnia en 2004, Epopée en 2006. Elle a contribué à l’élaboration et à la production du magazine « Tous pour l’égalité » en 2003 et a publié l’histoire de la lutte des femmes du Maroc du début des années 80 jusqu’à la publication du Code de la famille. Halima est aussi une grande poétesse.

A propos de Jossour Forum des Femmes marocaines

Jossourffm, une association à but non lucratif fondée en juillet 1995 par des militantes et des potentialités actives sur le terrain, a pour objectif le renforcement des compétences des femmes marocaines en vue d’une meilleure participation et investissement de l’espace public à tous les niveaux, économique, social, juridique, culturel et environnemental. L’association vise les hauts postes de responsabilité et de décision politique pour un rayonnement sur le plan international. Dans cette optique, Jossour FFM mène des actions de plaidoyer et de proximité afin de promouvoir les valeurs et les principes de la citoyenneté réelle et effective, d’encourager l’autonomisation des jeunes et le réseautage entre les femmes. Sa recherche action vise une modernisation des outils et des mécanismes d’apprentissage et de suivi en marge d’un meilleur plaidoyer auprès des autorités et des partis politiques.

À propos de la chaire

 La Chaire George et Lisa Zakhem Kahlil Gibran pour les valeurs et la paix à l’Université du Maryland est un programme universitaire qui renforce la compréhension entre les cultures orientales et occidentales en général, et arabes et américaines en particulier.

Le célèbre poète et érudit libanais Kahlil Gibran a consacré sa vie et ses œuvres à démontrer l’importance des valeurs universelles, l’interdépendance des religions, le terrain d’entente entre les cultures, l’importance du dialogue et la bonté de l’humanité dans son ensemble. Il a cru que plus nous explorons notre interdépendance en tant qu’êtres humains, plus nous comprenons et respectons les valeurs universelles qui sous-tendent différentes cultures. Gibran a écrit et préconisé la justice sociale, les libertés, l’égalité, l’unité et la paix.

May Rihani a rejoint la Chaire Gibran en mai 2016 et travaille à développer l’héritage et la fondation créés par le titulaire sortant de la chaire, le professeur Suheil Bushrui.

 

 

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