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Members of the Moroccan Human Rights Association (AMDH) hold placards and shout slogans during a demonstration against repression and to demand the protection of human rights in Rabat November 16, 2014. REUTERS/Stringer (MOROCCO - Tags: POLITICS CIVIL UNREST)

Contre les interdictions, un réseau d’associations se prépare à des sit-in dans tout le Maroc

Contre les interdictions, un réseau d’associations se prépare à des sit-in dans tout le Maroc
Et dénonce un “recul face aux engagements pris par le Maroc pour le respect des libertés”.
LIBERTÉ D’EXPRESSION – La goutte qui a fait déborder le vase. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) n’a pas pu tenir sa conférence prévue ce dimanche 24 juin par sa section de Khénifra, dans une salle de l’association des oeuvres sociales de l’enseignement. Portant sur “L’embargo de l’État contre l’AMDH”, cette rencontre a été “interdite par les autorités locales”, nous apprend Khadija Ryadi, militante des droits de l’Homme et membre de l’AMDH.

Pour elle, il ne s’agit ni plus ni moins que d’“un abus de pouvoir commis par les autorités préfectorales, car il n’y a aucune raison légitimant cette interdiction”. Khadija Ryadi brandit la loi pour remettre en question cette décision “surprenante”, mais “pas du tout imprévisible”, à l’en croire. “Une association reconnue légalement n’a pas à demander des autorisations des autorités locales à chaque fois qu’elle organise un événement. Il suffit uniquement de trouver une salle et de se mettre d’accord avec son propriétaire”, dit-elle au HuffPost Maroc. Et de préciser que le propriétaire de la salle peut, toutefois, saisir les autorités pour demander une autorisation. Le club de l’enseignement de Khénifra n’a donc pas été autorisé, le jour “J”, à ouvrir son espace même s’il ne s’y était pas opposé, assure la militante.
Pour dénoncer cette interdiction, l’AMDH a manifesté sa colère devant l’endroit où elle devait tenir sa conférence. Un sit-in spontané s’est alors tenu à l’occasion en présence des représentants des forces locales venus sur place.
Ensuite, les participants ont marché en scandant le droit des associations de s’exprimer librement, de rassemblement et d’organisation. Une marche jusqu’au local de la section de la Confédération démocratique du travail (CDT) à Khenifra. C’est là que la rencontre s’est finalement tenue. “Nous continuons à dénoncer vivement ce genre d’interdictions. Elles représentent un véritable recul face aux engagements pris par le Maroc pour le respect des libertés”, regrette Khadija Ryadi.

Face à “ce recul”, l’AMDH et le Réseau des associations victimes d’interdiction (RAVI), dont elle fait partie, se prépare à crier en chœur leur colère. Khadija Ryadi annonce au HuffPost Maroc que RAVI se prépare à organiser des sit-in simultanés, le 14 juillet prochain, dans l’ensemble du royaume à travers toutes les sections locales des associations membres. “Toutes les associations de la région Rabat-Salé-Kénitra se retrouveront pour un grand sit-in à Rabat devant le Parlement à l’occasion”, affirme-t-elle.

Le choix de la date (14 juillet) n’est pas un hasard. Ces associations en font le symbole d’un rappel du passage du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, à l’époque au Parlement. Il avait alors accusé des ONG locales de servir un agenda étranger – en allusion à certains de leurs financements – et d’affaiblir par leurs critiques la lutte contre le terrorisme, entraînant ainsi des protestations dans les milieux associatifs.

Des propos décriés autant que les restrictions dont les associations disent souffrir. “Nous sommes presque interdits d’accès aux espaces publics où qu’ils soient. Même les espaces privés, notamment les hôtels, ne sont plus accessibles, pour accueillir nos conférences, parce qu’ils craignent des représailles”, avait confié au HuffPost Maroc le président de l’AMDH, Ahmed El Haij.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme a, en effet, dressé un constat négatif, le contexte dans lequel exercent les ONG le qualifiant de “plus défavorable”. Il a estimé que “les droits inscrits dans la Constitution sont de moins en moins respectés par les autorités administratives et policières”. Et de préciser que “cette dégradation s’est accélérée en 2014, suite au discours du ministre de l’Intérieur devant le Parlement”.

Par Leïla Hallaoui

https://www.huffpostmaghreb.com/entry/contre-les-interdictions-un-reseau-dassociations-se-prepare-a-des-sit-in-dans-tout-le-maroc_mg_5b30f940e4b00295f15f2178

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