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La récolte des fonds, premier combat de la société civile marocaine

Les associations sont contraintes de remplir le rôle de l’Etat dans la prise en charge des personnes en difficulté, et voient ainsi leurs minces ressources financières diminuer comme peau de chagrin.

«On compte trop sur les associations au Maroc !» En mars dernier, Fatema, la plus ancienne des formatrices de l’Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (Insaf), s’indignait auprès du journal Le Monde des lourdes, très lourdes charges qui pèsent sur les associations marocaines œuvrant dans le social. Peu importe le champ d’action dans lequel elles agissent, toutes ont un même combat à livrer : récolter des fonds et ainsi pérenniser leurs actions.

En 2016, le constat du Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans son rapport intitulé «Statut et dynamisation de la vie associative», était sans appel : «Les fonds propres des associations sont très limités. Le financement public qui représente la principale source de financement d’un grand nombre d’associations est insuffisant. Le droit d’accès au financement public de manière équitable et transparente n’est pas toujours garanti.»

C’est que les associations sont malgré elles contraintes d’empiéter sur le champ d’action de l’Etat, faute d’un réel engagement de sa part. Et se retrouvent rapidement à bout de souffle. «Avant même d’aborder la question des fonds, il faut définir le rôle des associations. A l’heure actuelle, elles jouent les pompiers !», fustige Omar El Kindi, membre du Collectif pour l’éradication du travail des petites bonnes et ancien président de l’Insaf. «Je considère que le rôle de la société civile, c’est de faire de l’accompagnement et de l’encadrement, de la protection et de la sensibilisation – de la veille sociale, en somme – mais pas de la prise en charge qui coûte de l’argent», ajoute-t-il.

«Nous ne sommes pas censés nous occuper de toute sorte d’enfants ou d’adultes en difficulté; ça, c’est le rôle de l’Etat. Les associations peuvent faire de la prise en charge mais seulement dans une situation donnée, pour servir de modèle, pour faire pression par plaidoyer sur l’Etat pour qu’il prenne le relais.»

Omar El Kindi
https://www.yabiladi.com/

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