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Une association porte plainte contre l’atteinte à la dignité de l’homme “travesti” de Marrakech

“C.L a indiqué être en train d’accomplir une procédure d’asile pour quitter le Maroc”.

“Il a été entendu, ce mardi, par le procureur général près la cour d’appel de Marrakech. Il lui a raconté sa descente aux enfers depuis ce 1er jour de l’an”. Le président du Centre national des droits de l’homme au Maroc, Mohamed Elmadimi, raconte au HuffPost Maroc comment son association a pris sous son aile l’homme qui porte malgré lui l’étiquette du “travesti de Marrakech”.

Arrêté suite à un accident de circulation survenu aux premières heures du mardi 1er janvier, C.L, âgé d’une trentaine d’années, a été pris en photo alors qu’il portait une robe et du maquillage et qu’il avait les mains menottées. Et depuis, sa vie a basculé, à en croire Elmadimi à qui il a demandé assistance. “Il nous a contacté et nous a raconté le calvaire qu’il est contraint de vivre au quotidien avec sa famille à cause des photos qu’on a pris de lui ce jour-là et qu’il a été choqué de découvrir un peu partout dans les médias et réseaux sociaux”, nous explique-t-il.

Le Centre national des droits de l’homme au Maroc, sensible au récit de C.L, lui recommande alors de lui fournir une plainte. “C’est à partir de celle-ci que nous avons saisi la justice en tant qu’association en déposant plainte contre le non respect du secret de l’instruction judiciaire et les mauvais traitements portant atteinte à la dignité”, précise le président du centre. La plainte déposée auprès du procureur général au profit de la victime sollicite l’ouverture d’une enquête devant remonter les origines de “la fuite des photos et d’une copie de la carte d’identité et celle militaire” dont disposait cet homme ayant travaillé comme sous-officier avant d’intégrer une clinique de la ville ocre.

“Suite à notre plainte, la victime a été convoquée et auditionnée par le procureur général en personne ce matin durant près de deux heures. C.L a raconté le récit de ce qu’il a vécu et a déposé un certificat médical attestant que son état de santé nécessite un suivi médico-psychologique et un repos de 30 jours”, indique le militant, présent au cours de cette audition. Dans celle-ci, “C.L a indiqué être en train d’accomplir une procédure d’asile pour quitter le Maroc, mais avoir été réconforté par l’annonce des sanctions à l’encontre de responsables à la préfecture de police de Marrakech”.

En effet, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a indiqué, dimanche soir, avoir pris des mesures disciplinaires allant de la suspension provisoire au blâme ou encore à l’avertissement à l’encontre de quatre responsables, un commissaire de police divisionnaire, un commissaire principal, un officier de paix principal et un officier de paix. Ils ont été sanctionnés pour “non respect de leurs obligations professionnelles” et pour “n’avoir pas pris les mesures préventives nécessaires à la protection des données personnelles d’une personne faisant l’objet d’un avis de recherche suite à un accident de circulation”.

“C.L a précisé au cours de son audition avoir été baladé dans les commissariats et avoir été pris en photo à l’intérieur même de ceux-ci, ainsi que ses cartes et ses données enregistrées. Il a vécu un abus de pouvoir, privé de sa liberté pendant quatre heures sans l’aval du parquet”, fustige ce militant des droits de l’homme. Pour ce dernier, les violations dont a été victime C.L sont nombreuses et ne peuvent être qualifiées que par “la discrimination envers un homme, certes différent, mais citoyen avant tout”, estime Mohamed Elmadimi. Et de souligner que, depuis les faits, C.L vit cloîtré chez lui et fait l’objet de menaces et de propos sarcastiques. “Sa mère qui vit à Khouribga et sa famille sont persécutées à cause de cette histoire. Il vit très mal cette situation dans laquelle lui et sa femme risquent de plonger dans la dépression. Il dit être en règle avec tout le monde, qu’il a toujours respecté ses devoirs et avoir aussi des droits. Mais que ce qui lui est arrivé et lui arrive encore ne lui laisse que le choix de partir”.

Par Leïla Hallaoui
https://www.huffpostmaghreb.com

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