Accueil / Actualités / Développement / Plaidoyer sur l’insertion professionnelle des jeunes

Plaidoyer sur l’insertion professionnelle des jeunes

Leila Chérif, présidente de l’association L’Heure Joyeuse

Dans le cadre du Programme Concerté Maroc PCM, le 25 avril dernier, trois associations marocaines – L’Heure Joyeuse, Al Karam et Eclats de Lune – et Apprentis d’Auteuil membres du PCM, lançaient un plaidoyer sur l’insertion professionnelle des jeunes en situation précaire au Maroc. Quel premier bilan établissez-vous ?

Avec ce plaidoyer, nous avons tiré une sonnette d’alarme sur les échecs de l’éducation au Maroc. Malgré la loi de scolarisation obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans, 400 000 jeunes quittent, chaque année, l’école primaire ou secondaire sans diplôme.
Parallèlement, entre 2011 et 2013, sur les 1 600 jeunes (60% de garçons et 40% de filles) accueillis à l’Heure Joyeuse et répondant aux critères d’intégration à la Cellule d’orientation et d’insertion professionnelle (COIP) de notre association, 650 ont été orientés, formés ou insérés par nos services.
Avec ce plaidoyer, nous voulions faire savoir que nos structures d’intermédiation implantées dans les quartiers défavorisés de Casablanca, de Marrakech et de Safi avaient fait leurs preuves auprès des jeunes en situation précaire délaissés par les dispositifs existants. Autrement dit les 7-15 ans ayant quitté le cursus scolaire et les15-30 ans rencontrant des problèmes d’insertion dans le monde du travail.

Quelles méthodes utilisez-vous pour obtenir de tels résultats ?

Notre dispositif repose sur cinq grands axes : l’accueil, l’orientation, l’accompagnement, le placement et le suivi.
Deux institutrices de l’Education nationale accordent ainsi le temps qu’il faut aux 7-15 ans en situation de rue qui n’ont jamais été à l’école ou l’ont quittée et dont les familles vivent en très grande précarité, de retrouver le chemin de l’école primaire, du collège ou du lycée, ou de s’orienter vers une formation correspondant à leur niveau. Ils acquièrent des bases en français, en mathématiques, en hygiène, en civisme, dans le respect de l’autre et de la vie en groupe.

Que proposez-vous aux 15-30 ans ?

Outre un projet de vie, un projet de carrière fondé sur leur niveau, les formations et les emplois disponibles, en impliquant – quand cela est nécessaire – les parents.
Ce projet s’appuie sur le rêve de ces garçons et de ces filles et passe par uneformation qualifiante et un diplôme. Le jeune suit des cours de renforcement en langue française, en informatique, en méthodologie de recherche d’emploi (cv, lettre de motivation, entretien), participe à des ateliers dédiés aux life skills (comportement dans le quotidien, par rapport à la hiérarchie, dans l’entreprise, le respect des horaires etc.), mais aussi à l’épargne, à la création de micro-entreprises. Chacun sait que nous mettons tout en œuvre pour lui donner les chances de s’insérer en améliorant son comportement, en développant ses valeurs et ses compétences.

Pourquoi avez-vous développé ces dispositifs avec Apprentis d’Auteuil ?

Il y a une dizaine d’années, Apprentis d’Auteuil est venu nous voir, riche de son expérience avec les enfants des rues. A l’époque, nous nous occupions de la santé, de l’éducation et de la formation des enfants en situation de rue et de leurs familles. Nous avons partagé nos expériences et travaillé ensemble sur la formation des éducateurs, dans un échange gagnant-gagnantApprentis d’Auteuil est le partenaire structurant de notre association.

Qu’attendez-vous de ce séminaire Ensemble pour l’insertion des jeunes en difficulté au Maroc ?

Avec ce séminaire organisé à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), nous souhaitons conforter nos partenaires actuels (acteurs publics et privés, société civile et jeunes concernés) dans leur engagement, et en inciter d’autres à nous rejoindre. Ce grand rendez-vous donne aussi l’occasion à L’Heure Joyeuse de faire savoir que Vigeo – premier expert européen de la performance responsable – reconnaît L’Heure Joyeuse dans sa gouvernance, sa responsabilité managériale et surtout l’utilité sociale de ses programmes.

Mais notre vœu le plus cher est de mettre en confiance et d’accompagner au mieux les adolescents et les jeunes adultes qui viennent à l’association. Eux aussi ont des rêves, des besoins. Eux aussi, veulent dessiner leur vie en couleurs. Nous devons leur faire prendre conscience que leur vie n’est pas finie. Tout peut commencer demain. L’insertion professionnelle des jeunes en situation précaire reste une priorité nationale !
Pour en savoir plus
L’Heure Joyeuse
5 rue Abbas El Jiraoui
Belvédère 20300
Casablanca
Tél. 00 212 5 22 41 93 00
www.heurejoyeuse.ma 

x

Check Also

EFE-Maroc et MEPI célèbrent le succès de leur projet d’employabilité des jeunes

600 jeunes issus des villes de Fès, Meknès, Sefrou et Taza ont bénéficié des ...

Ben Msik: des jeunes défavorisés formés à la musique électronique

En partenariat avec l’association Racines et le centre de deuxième chance Al-Jisr, L’A.M.M.E (l’Association ...

Lauralie et Louise à l’aventure au Maroc Rallye 4 L trophy

Lauralie Callens et Louise Brun, deux musiciennes gersoises de Montestruc, ont créé l’association Music’4L ...

Soyez informés!

En vous abonnant à la lettre d'infos de Monasso, vous ne manquerez plus aucune information associative ou presque.

Monasso.ma s'engage que votre adresse mail ne sera jamais partagée avec d'autres sites.
x