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Mise en garde contre la cigarette électronique par le ministère de la Santé

LE MINISTRE DE LA SANTÉ EN DÉCONSEILLE LA CONSOMMATION
LE PRODUIT FAIT UN TABAC COMMERCIAL SUR LE MARCHÉ
ATTENTION AUX EFFETS CANCÉRIGÈNES ET CARDIOVASCULAIRES

Le gouvernement prend enfin position contre la cigarette électronique. Le ministère de la Santé vient d’émettre une alerte contre la «e-clope». Une décision suscitée par la prolifération d’affiches publicitaires incitant à la consommation de ce «narguilé» portable. La dernière en date incite expressément les consommateurs à prendre en 2014 la résolution de «e-cloper». Une publicité qui tomberait sous le coup de la loi si elle émanait d’un opérateur de tabac. La cigarette électronique a fait son entrée au Maroc d’abord de manière informelle avant d’être vendue à travers une franchise et les débits de tabac.
La e-cigarette profite aussi d’un flou juridique. Elle ne rentre dans aucune catégorie de produits agroalimentaires soumis à la réglementation. On ne peut donc lui appliquer ni la loi sur le tabac ni celle relative à la sécurité des produits alimentaires. «Le ministère de la Santé ignore tout du mode opératoire par lequel la e-cig est importée au Maroc. C’est la raison pour laquelle nous avons préféré mettre en garde contre sa consommation», concède un responsable du ministère. Faute d’une réglementation, l’on ne peut interdire la vente de ce produit aux mineurs ni d’en faire de la publicité.
La cigarette électronique fait actuellement un tabac sur le marché. Les fumeurs classiques espèrent se mettre à la vape pour décrocher. Or, aucune preuve scientifique d’efficacité n’a été apportée par les promoteurs de la e-clope. D’ailleurs, les rechutes sont légion chez les fumeurs.
«La cigarette électronique n’a pas fait ses preuves en tant que thérapie de remplacement de la nicotine. L’OMS ne dispose pas de preuves scientifiques permettant de confirmer l’innocuité et l’efficacité du produit», ce que confirme l’Organisation mondiale de la santé. Certaines entreprises commercialisant la e-cigarette vont même jusqu’à se prévaloir dans leur communication d’indications laissant croire que l’OMS considère ce produit comme un moyen efficace et sûr de sevrage tabagique. L’Organisation mondiale les a sommées de retirer cette publicité mensongère.
Non seulement, la cigarette électronique ne constitue pas un moyen efficace pour arrêter de fumer, mais elle attire de nouveaux consommateurs. Pour ces derniers, elle constitue une porte ouverte vers le tabagisme classique.
Le ministère de la Santé est désarmé devant la prolifération des messages publicitaires vantant l’intérêt de la cigarette électronique. D’où sa mise en garde pour appeler les consommateurs à la vigilance. En effet, jeunes, moins jeunes, femmes, hommes, de nombreux usagers ont été séduits par ce nouveau gadget «branché», qui ressemble à la cigarette et qui est prétendument dépourvu de ses inconvénients. Le gouvernement prévient contre «les risques cancérigènes et cardiovasculaires définitivement reconnus pour le tabagisme».
Contenant de la nicotine, la cigarette n’est pas moins nocive que le tabac classique. Le département de la Santé la considère comme un produit de tabac qui constitue la première source de maladies incurables. Pour permettre aux fumeurs de décrocher, le ministère a ouvert des services de consultation dans 18 hôpitaux et 247 centres de santé. Par ailleurs, le Maroc s’apprête à ratifier enfin la Convention cadre pour la lutte antitabac, signée en 2004.
Tolérée chez les uns, interdite chez les autres
Lancée en 2004, la e-cigarette n’est régie par aucune législation à l’échelle internationale. Parmi les pays qui en interdisent la vente, figurent l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, Hong Kong, Mexique, le Qatar, Singapour, la Thaïlande… En Europe, les situations sont plus contrastées. La France autorise la commercialisation de la cigarette électronique dans le même réseau que le tabac (après une action des buralistes au Conseil d’Etat). La Belgique l’interdit. Le Parlement a rejeté, en décembre 2013, la proposition d’amendement qui voulait classer la cigarette électronique sous le régime de médicament. Aucun consensus n’existe encore en Europe puisque les pays membres restent libre de la commercialiser en pharmacie comme les autres substituts au tabac.
Hassan EL ARIF
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